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Maisons de repos/Maisons de repos et de soins | Belgique > Les Maisons de repos en Belgique > L'échelle de Katz et la mesure de la dépendance
L’échelle de Katz est la grille utilisée en Belgique pour mesurer la dépendance d’une personne âgée dans les gestes du quotidien. Elle s’applique aux quelque 150 000 résidents des 1 500 maisons de repos et maisons de repos et de soins du pays. C'est elle qui détermine la catégorie de dépendance, le niveau de soins financé et, bien souvent, le type d'établissement le plus adapté. Pourtant, de nombreuses familles découvrent ces lettres O, A, B, C, Cd ou D sans vraiment savoir ce qu'elles signifient. Comment fonctionne l'échelle de Katz ? Comment la catégorie est-elle calculée ? Et que change-t-elle concrètement pour votre proche ?

L'échelle de Katz tire son nom du médecin américain Sidney Katz, qui a présenté au début des années 1960 un index des activités de la vie quotidienne. L'idée était simple : plutôt que de décrire une maladie, il s'agissait d'observer ce qu'une personne parvient encore à faire seule dans sa journée. Cette approche a traversé les décennies et reste aujourd'hui l'une des mesures de la dépendance les plus utilisées au monde.
En Belgique, l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) en a fait son « échelle d'évaluation » officielle, dans une version adaptée. La version belge se distingue de l'index international : chaque activité y est notée sur quatre niveaux, de 1 à 4, au lieu d'un simple « autonome » ou « dépendant ». Elle ajoute aussi deux critères psychiques, l'orientation dans le temps et l'orientation dans l'espace, qui permettent de prendre en compte les personnes désorientées.
L'échelle de Katz est utilisée dans les maisons de repos et les maisons de repos et de soins, dans les centres de soins de jour, mais aussi à domicile, où elle permet aux infirmiers de justifier les soins d'hygiène et les forfaits de soins remboursés par la mutualité.
L'évaluation porte sur six activités essentielles de la vie quotidienne : se laver, s'habiller, se déplacer et effectuer les transferts, aller à la toilette, rester continent et manger. Pour chacune, l'évaluateur attribue un score. Le score 1 correspond à une personne totalement autonome, le score 4 à une personne qui a besoin d'une aide complète. Les scores 2 et 3 décrivent des situations intermédiaires, précisément définies par la grille officielle.
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Critère |
Score 1 |
Score 2 |
Score 3 |
Score 4 |
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Se laver |
Se lave seul |
Aide partielle pour le haut ou le bas du corps |
Aide partielle pour le haut et le bas du corps |
Doit être entièrement lavé |
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S'habiller |
S'habille seul |
Aide partielle pour le haut ou le bas du corps |
Aide partielle pour le haut et le bas du corps |
Doit être entièrement habillé |
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Transferts et déplacements |
Autonome sans aide ni appareil |
Autonome avec canne, déambulateur ou fauteuil roulant |
Aide d'une personne pour au moins un transfert ou déplacement |
Alité ou en fauteuil, entièrement dépendant |
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Aller à la toilette |
Seul |
Aide pour un geste (s'y rendre, se rhabiller ou s'essuyer) |
Aide pour deux gestes |
Aide pour les trois gestes |
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Continence |
Continent |
Incontinence accidentelle |
Incontinence urinaire ou fécale |
Incontinence urinaire et fécale |
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Manger |
Mange seul |
Aide préalable (couper, servir) |
Aide partielle pendant le repas |
Entièrement aidé pour manger et boire |
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Orientation dans le temps |
Aucun problème |
Problèmes rares |
Problèmes presque chaque jour |
Totalement désorienté ou impossible à évaluer |
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Orientation dans l'espace |
Aucun problème |
Problèmes rares |
Problèmes presque chaque jour |
Totalement désorienté ou impossible à évaluer |
Cette grille repose sur l'observation de la personne dans ses gestes réels, et non sur ce qu'elle déclare pouvoir faire. Une personne qui affirme se laver seule mais que l'on doit aider chaque matin pour le bas du corps obtiendra un score de 2, voire de 3. C'est pourquoi l'évaluation est confiée à un soignant qui connaît le quotidien du patient.
Quelques exemples permettent de mieux comprendre la notation. Madame Laurent s'habille seule, mais a besoin qu'on l'aide à enfiler ses chaussettes et ses chaussures : elle obtient un score de 2 pour l'habillage, puisque l'aide ne concerne que le bas du corps. Monsieur Bernard se lève seul de son fauteuil et se déplace avec un déambulateur : son score est de 2 pour les transferts et déplacements. En revanche, Monsieur Durand ne peut pas sortir de son lit sans l'aide d'un soignant, ce qui lui vaut un score de 3. Enfin, Madame Martin mange seule, mais il faut couper sa viande avant le repas : elle obtient un score de 2 pour l'alimentation.
Télécharger la grille de l'échelle de Katz (PDF)
Vous souhaitez savoir à quelle catégorie votre proche pourrait correspondre avant son évaluation officielle ? Notre calculateur reprend les critères de la grille INAMI et applique les mêmes règles de classement. En neuf questions, vous obtenez une estimation de sa catégorie de dépendance et le type d'établissement généralement adapté à son profil.
C'est le point qui prête le plus à confusion. La catégorie de dépendance ne se calcule pas en additionnant les scores. Deux personnes qui totalisent le même nombre de points peuvent appartenir à des catégories très différentes. L'INAMI regarde le profil critère par critère : une personne est considérée comme dépendante pour une activité lorsqu'elle obtient un score de 3 ou de 4. C'est la combinaison des activités pour lesquelles elle est dépendante qui détermine la catégorie.
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Catégorie |
Profil de la personne |
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O |
Totalement indépendante, physiquement et psychiquement. |
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A |
Dépendante pour se laver et/ou s'habiller, ou désorientée dans le temps et l'espace tout en restant indépendante physiquement. |
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B |
Dépendante pour se laver, s'habiller et pour les transferts et déplacements et/ou aller à la toilette. Ou bien désorientée et dépendante pour se laver et/ou s'habiller. |
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C |
Dépendante pour se laver, s'habiller, les transferts et déplacements et aller à la toilette, ainsi que pour la continence et/ou pour manger. |
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Cd (C dément) |
Désorientée dans le temps et l'espace ou atteinte d'une démence diagnostiquée, et dépendante pour se laver, s'habiller et la continence, ainsi que pour les transferts, la toilette et/ou les repas. |
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D |
Personne chez qui une démence a été diagnostiquée par un médecin spécialiste à la suite d'un bilan spécialisé, sans atteindre le niveau de dépendance physique de la catégorie Cd. |
Contrairement à une idée répandue, la catégorie B n'implique pas forcément une désorientation. Une personne parfaitement lucide mais qui a besoin d'aide pour sa toilette, son habillage et ses déplacements relève de la catégorie B. La désorientation n'est qu'une des deux voies qui y mènent.
La catégorie D mérite une attention particulière. Elle a été créée pour reconnaître le besoin d'encadrement des personnes atteintes de démence qui restent relativement autonomes physiquement, mais dont les troubles cognitifs demandent une surveillance constante. Elle ne peut être demandée que sur la base d'un diagnostic posé par un neurologue, un gériatre ou un psychiatre, et l'intervention d'un médecin est alors obligatoire lors de l'évaluation.
Remarque : Vous avez peut-être déjà vu, dans un rapport d'hôpital ou un bilan gériatrique, un résultat exprimé sous forme de chiffre, comme « 4/6 » ou « 14/24 ». Il s'agit d'un score ADL, une autre manière de résumer l'échelle de Katz, sans valeur administrative : nous expliquons comment lire et interpréter un score ADL sur 6 ou sur 24 dans un article dédié.
En maison de repos, l'évaluation est réalisée par un infirmier ou une infirmière de l'établissement. À domicile, c'est l'infirmier qui assure les soins du patient qui complète la grille. Dans les deux cas, le soignant observe la personne dans ses activités quotidiennes avant d'attribuer un score à chaque critère. Il ne s'agit pas d'un test ponctuel, mais d'un constat fondé sur ce qu'il voit au fil des jours.
Le formulaire complété est ensuite transmis au médecin-conseil de la mutualité, qui valide la catégorie. La mutualité peut organiser des contrôles pour vérifier que les scores correspondent bien à la situation réelle du patient. Lorsque la catégorie D est demandée, ou lorsqu'une aggravation est signalée moins de six mois après le dernier changement de catégorie, la signature d'un médecin est requise.
L'évaluation n'est pas figée. L'état de santé d'une personne âgée évolue, parfois brutalement. Une chute, une hospitalisation ou un deuil peuvent entraîner une perte d'autonomie rapide. C'est notamment le cas lors d'un syndrome de glissement, cette dégradation globale et rapide de l'état général qui survient souvent après un choc physique ou psychologique. Le syndrome de glissement n'est pas un critère de l'échelle de Katz, mais l'aggravation de la dépendance qu'il provoque justifie une nouvelle évaluation sans attendre.
La catégorie Katz a d'abord une conséquence sur le financement des soins. L'assurance maladie et les régions versent à l'établissement un forfait de soins qui augmente avec le niveau de dépendance de ses résidents. Ce forfait est versé à la maison de repos, et non au résident : il sert à financer le personnel infirmier, soignant et paramédical nécessaire. Une maison de repos qui accueille de nombreux résidents en catégorie C ou Cd dispose ainsi de moyens supplémentaires pour assurer un encadrement adapté.
La catégorie oriente aussi le choix du lieu de vie. Les lits de maison de repos (MRPA) accueillent en priorité des personnes plutôt autonomes, tandis que les lits de maison de repos et de soins (MRS) sont réservés aux profils plus lourds. Bruxelles connaît d'ailleurs un manque de lits MRS : Iriscare a engagé depuis 2020 la reconversion de lits MRPA en lits MRS, car de nombreux résidents au profil de dépendance lourd occupaient des lits de maison de repos classiques.
Enfin, connaître la catégorie de son proche aide à dialoguer avec les équipes soignantes. Une famille qui sait que son parent est passé de A à B comprend mieux pourquoi l'établissement propose un changement de chambre, un matériel adapté ou un renforcement de l'aide à la toilette.
Lorsque les revenus d’une personne âgée ne suffisent pas à couvrir le prix de sa maison de repos, le CPAS de sa commune peut intervenir dans une partie des frais. Avant de s’engager, il mène une enquête sociale et peut demander l’évaluation de l’échelle de Katz. Celle-ci lui permet de vérifier que le type d’établissement choisi correspond bien au degré de dépendance : une maison de repos classique pour une personne encore assez autonome, une maison de repos et de soins lorsque la catégorie est plus élevée. Les règles et les documents demandés varient d’un CPAS à l’autre. Mieux vaut donc prendre contact avec le service social de la commune dès que la question du financement se pose, en ayant sous la main la dernière évaluation Katz de son proche.
De nombreuses familles pensent qu'un certain score à l'échelle de Katz ouvre automatiquement droit à l'Allocation pour l'aide aux personnes âgées (APA). En réalité, l'APA repose sur une autre grille : l'échelle de réduction d'autonomie. Celle-ci évalue six domaines, comme les déplacements, la préparation des repas, l'hygiène personnelle, l'entretien du logement, la vigilance face au danger et les contacts sociaux. Chaque domaine est noté de 0 à 3 points, pour un total sur 18. Il faut atteindre au moins 7 points sur 18 pour que la perte d'autonomie soit reconnue.
C'est de là que vient la confusion autour du chiffre « 7 sur 18 », souvent associé à tort à l'échelle de Katz, qui se note de 1 à 4 et ne produit pas de total utile. Vous trouverez d'ailleurs parfois une échelle de Katz notée de 0 à 3 par critère, avec un total sur 18 et des seuils de dépendance. Cette présentation ne correspond pas à la grille officielle de l'INAMI et ne permet pas de connaître la catégorie de votre proche. Par ailleurs, la reconnaissance de la perte d'autonomie ne suffit pas pour bénéficier de l'APA. L'âge, les revenus du ménage et la région de domicile entrent aussi en ligne de compte. L'APA est gérée par l'AViQ en Wallonie et par Iriscare à Bruxelles, tandis que la Flandre dispose de son propre dispositif, le budget de soins pour personnes âgées, qui s'ajoute à l'assurance dépendance flamande.
L'échelle de Katz a le mérite de la simplicité, mais elle reste centrée sur quelques gestes du quotidien. Elle ne mesure ni les troubles du comportement, ni la douleur, ni l'isolement social. C'est pourquoi les autorités belges déploient progressivement un instrument plus complet, la grille BelRAI, qui évalue l'ensemble des besoins de la personne âgée. En Flandre, BelRAI est déjà utilisé pour certaines aides. Dans les maisons de repos, l'échelle de Katz reste toutefois aujourd'hui la référence pour déterminer la catégorie de dépendance.
Les personnes classées en catégorie O ou A trouvent généralement leur place en maison de repos. Elles y bénéficient d'un cadre sécurisé, de repas, d'animations et d'une aide ponctuelle pour la toilette ou l'habillage. Pour une personne en catégorie O encore très autonome, une résidence-services peut aussi représenter une alternative intéressante. Et lorsque le souhait est de rester chez soi, de nombreuses solutions d’aide aux personnes âgées à domicile permettent de retarder l’entrée en établissement.
À partir de la catégorie B, et plus encore pour les catégories C et Cd, une maison de repos et de soins devient souvent la solution la plus adaptée. Ces établissements disposent d'un personnel infirmier et paramédical plus nombreux, de lits médicalisés et d'équipements pensés pour les personnes qui ont besoin d'aide pour la plupart des gestes du quotidien. Pour en savoir plus, consultez notre article sur la différence entre une maison de repos et une maison de repos et de soins.
Pour les personnes désorientées, en catégorie Cd ou D, la question de l'environnement devient centrale. Toutes les maisons de repos ne disposent pas d'une structure adaptée. Les unités Alzheimer et les cantous offrent des espaces de déambulation sécurisés, un personnel formé aux troubles cognitifs et des activités pensées pour préserver les capacités restantes. Avant de faire votre choix, n'hésitez pas à interroger l'établissement sur la présence d'une telle unité, sur le taux d'encadrement la nuit et sur les activités proposées aux résidents.
Une fois la catégorie de votre proche connue, vous pouvez comparer les établissements de votre région dans notre annuaire des maisons de repos en Belgique.
Mme Dupont, 82 ans, vit seule à Namur. Depuis quelques mois, elle a besoin d'aide pour se laver, en haut comme en bas du corps, et pour s'habiller. Elle se déplace seule avec une canne, va aux toilettes sans difficulté, mange seule et reste parfaitement orientée. Son évaluation donne un score de 3 pour se laver et pour s'habiller, et des scores de 1 ou 2 pour tout le reste. Elle relève donc de la catégorie A. Sa famille choisit une maison de repos proche de chez elle, où elle garde une grande partie de ses habitudes.
Un an plus tard, Mme Dupont chute dans sa chambre. Après son hospitalisation, elle a besoin qu'un soignant l'aide à se lever et à marcher. Son score passe à 3 pour les transferts et déplacements. Désormais dépendante pour se laver, s'habiller et se déplacer, elle passe en catégorie B. L'établissement, qui dispose de lits MRS, peut adapter sa prise en charge sans qu'elle ait à déménager. Cet exemple montre l'intérêt de choisir, dès le départ, une maison de repos capable d'accompagner l'évolution de la dépendance.
Ainsi, l'échelle de Katz est l'outil officiel utilisé en Belgique pour mesurer la dépendance d'une personne âgée. Elle observe six gestes du quotidien, notés de 1 à 4, ainsi que l'orientation dans le temps et l'espace. Loin d'être un simple total de points, elle classe la personne dans une catégorie, de O à Cd, selon les activités pour lesquelles elle a besoin d'aide, avec une catégorie D pour les démences diagnostiquées.
Cette catégorie détermine le financement des soins en maison de repos et oriente vers le type d'établissement le plus adapté, de la maison de repos classique à la maison de repos et de soins dotée d'une unité pour personnes désorientées. Elle ne doit cependant pas être confondue avec l'échelle de réduction d'autonomie utilisée pour l'APA, qui obéit à ses propres règles.
La dépendance évolue avec le temps, et l'évaluation doit évoluer avec elle. Si le score de votre proche vous inquiète ou si vous hésitez entre le maintien à domicile et l'entrée en établissement, nos conseillers vous accompagnent gratuitement. Appelez-nous au 02 318 04 78 ou demandez une recherche personnalisée de maison de repos adaptée à sa catégorie Katz, à votre région et à votre budget.
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