Accueil >
Maisons de repos/Maisons de repos et de soins | Belgique > Les Maisons de repos en Belgique > L'échelle de Katz et la mesure de la dépendance
Score ADL de 4/6, total de 14/24, catégorie B… Selon le professionnel qui réalise l'évaluation, l'échelle de Katz ne donne pas toujours le même type de résultat. Cet article vous explique comment lire un score ADL sur 6 ou sur 24, en quoi il diffère de la catégorie INAMI utilisée en maison de repos, et ce qu'il implique concrètement pour votre proche.

« ADL : 4/6 », « ADL : 14/24 », « catégorie B »… Après une hospitalisation, un bilan gériatrique ou une demande d'admission en maison de repos, de nombreuses familles découvrent ces résultats dans un rapport médical sans vraiment savoir comment les lire. Tous renvoient pourtant au même outil : l'échelle de Katz, qui mesure l'autonomie d'une personne âgée dans les gestes essentiels du quotidien. Mais selon le professionnel qui l'utilise, le résultat ne s'exprime pas de la même manière. Que signifie un score ADL ? Pourquoi est-il parfois noté sur 6, parfois sur 24 ? Et que change-t-il concrètement pour votre proche ?
ADL est l'abréviation anglaise d'« Activities of Daily Living », les activités de la vie quotidienne. Au début des années 1960, le médecin américain Sidney Katz a proposé un index permettant de mesurer l'autonomie d'une personne non pas à partir de ses maladies, mais à partir de ce qu'elle parvient encore à faire seule. Six gestes y sont observés : se laver, s'habiller, aller aux toilettes, se déplacer et effectuer les transferts, rester continent et manger.
Cet index est aujourd'hui l'un des outils d'évaluation les plus utilisés dans le monde. En Belgique, on le retrouve à l'hôpital, dans les services de gériatrie, chez les kinésithérapeutes, dans les soins infirmiers à domicile et bien sûr en maison de repos. C'est justement cette diversité d'utilisateurs qui explique la diversité des résultats : chacun utilise la grille de Katz, mais pas toujours avec la même notation.
Il faut surtout retenir que le score ADL est un constat, pas un diagnostic. Il décrit l'aide dont la personne a besoin à un moment donné, en observant ses gestes réels, et non ce qu'elle déclare pouvoir faire. Il peut donc évoluer, dans un sens comme dans l'autre, après une chute, une hospitalisation ou au contraire une période de rééducation.
Un même patient peut obtenir trois résultats différents selon la version de l'échelle utilisée. Ces résultats ne se contredisent pas : ils regardent les mêmes gestes du quotidien, mais avec une précision et un objectif différents.
|
Lecture |
Notation |
Sens du score |
Où la trouve-t-on ? |
|
Score ADL international |
1 point par activité réalisée sans aide, total de 0 à 6 |
6 = autonomie complète, plus le score baisse, plus la dépendance est forte |
Rapports hospitaliers, études, bilans gériatriques |
|
Total de la grille belge |
Chaque activité notée de 1 à 4, total de 6 à 24 |
6 = autonomie complète, plus le score monte, plus la dépendance est forte |
Bilans gériatriques, suivi infirmier ou kinésithérapeutique |
|
Catégorie INAMI |
Combinaison des activités pour lesquelles la personne est dépendante |
O (autonome), puis A, B, C et Cd, avec une catégorie D pour les démences diagnostiquées |
Maisons de repos, soins infirmiers à domicile, mutualité |
Attention au sens de lecture, qui est la première source de confusion : sur 6, un score élevé est une bonne nouvelle, alors que sur 24, c'est l'inverse. Un « 6 » signifie donc la même chose dans les deux cas, une autonomie complète, mais un « 12 » n'a de sens que sur 24.
La catégorie INAMI est la seule qui a des conséquences administratives et financières. C'est elle qui détermine le forfait de soins versé à la maison de repos et oriente vers un lit de maison de repos ou de maison de repos et de soins. Elle ne se calcule pas en additionnant les points : son fonctionnement est détaillé dans notre guide sur l'échelle de Katz et les catégories O, A, B, C et Cd, qui propose aussi un calculateur en ligne.
Dans sa version internationale, l'échelle de Katz fonctionne de manière binaire : pour chacune des six activités, la personne est soit autonome, et elle obtient 1 point, soit dépendante, et elle obtient 0 point. Le total va donc de 0 à 6.
Un score de 6 sur 6 indique une autonomie complète pour les gestes de base. La personne peut avoir besoin d'aide pour d'autres tâches, comme les courses ou la gestion de son budget, mais elle se lave, s'habille, se déplace et mange seule. Un score de 4 ou 5 traduit généralement une dépendance modérée : une aide est nécessaire pour une ou deux activités, le plus souvent la toilette et l'habillage, qui sont les premiers gestes touchés par la perte d'autonomie. En dessous, et plus encore à partir de 2 ou moins, la personne a besoin d'une aide importante pour la plupart des gestes du quotidien.
Ce score a l'avantage d'être simple et rapide, ce qui explique sa place dans les rapports hospitaliers. Il a aussi une limite : il ne distingue pas une aide ponctuelle d'une aide complète. Une personne qu'il faut simplement aider à enfiler ses chaussures et une personne qu'il faut entièrement habiller perdent toutes deux le point de l'habillage. Pour savoir ce que recouvre concrètement le score, il faut donc toujours regarder quelles activités sont concernées, et pas seulement le chiffre.
La version belge de l'échelle de Katz est plus nuancée. Chaque activité y est notée sur quatre niveaux : 1 lorsque la personne est totalement autonome, 2 et 3 pour des besoins d'aide intermédiaires, et 4 lorsqu'une aide complète est nécessaire. En additionnant les six activités, on obtient un total compris entre 6 et 24. Certains professionnels, notamment en gériatrie, utilisent ce total pour résumer en un chiffre l'état d'autonomie d'un patient et suivre son évolution d'un bilan à l'autre.
Plus le total se rapproche de 6, plus la personne est autonome. Plus il se rapproche de 24, plus sa dépendance est lourde. Il n'existe pas de seuil officiel qui ferait basculer automatiquement d'une situation à une autre : un total sur 24 sert avant tout à comparer un patient avec lui-même dans le temps. Un score qui passe de 9 à 15 en quelques mois signale clairement une perte d'autonomie, qui mérite d'être discutée avec le médecin traitant.
Comme pour le score sur 6, le total ne dit pas tout. Deux personnes qui obtiennent 12 sur 24 peuvent avoir des besoins très différents : l'une aura surtout besoin d'aide pour sa toilette et son habillage, l'autre pour se déplacer et aller aux toilettes. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'INAMI ne se fonde pas sur ce total pour déterminer la catégorie de dépendance, mais sur la combinaison des activités pour lesquelles la personne obtient un score de 3 ou de 4.
M. Lambert, 84 ans, vit seul à Liège. Depuis quelques mois, il a besoin d'aide pour se laver, en haut comme en bas du corps, et pour s'habiller. Il se déplace seul avec une canne, va aux toilettes sans difficulté, reste continent et mange seul. Sur la grille belge, il obtient donc un score de 3 pour la toilette et pour l'habillage, un score de 2 pour les déplacements, puisqu'il utilise une canne, et un score de 1 pour les trois autres activités.
Son total sur 24 est de 11. Sur l'échelle internationale, il perd les points de la toilette et de l'habillage, mais conserve celui des déplacements, puisqu'il marche sans l'aide d'une autre personne : son score ADL est de 4 sur 6. Enfin, étant dépendant pour se laver et s'habiller, il relève de la catégorie A de l'INAMI. Trois résultats différents, donc, pour une seule et même réalité : M. Lambert a besoin d'une aide quotidienne pour sa toilette et son habillage, mais reste autonome pour le reste.
Quelques mois plus tard, une chute le fragilise et il a désormais besoin qu'un soignant l'aide à se lever et à marcher. Son score de déplacement passe à 3. Son total grimpe à 12 sur 24, son score ADL descend à 3 sur 6, et il passe en catégorie B. Un seul point de différence sur 24, mais un changement de catégorie qui peut modifier sa prise en charge : c'est toute la différence entre un total et une catégorie.
Dans un bilan gériatrique, le score ADL est souvent accompagné d'un score IADL. Les deux échelles sont complémentaires mais ne mesurent pas la même chose. L'ADL de Katz s'intéresse aux gestes de base, ceux qui concernent le soin de soi. L'IADL, pour « Instrumental Activities of Daily Living », évaluée le plus souvent avec l'échelle de Lawton, porte sur des activités plus complexes, nécessaires pour vivre seul chez soi : utiliser le téléphone, faire les courses, préparer les repas, entretenir le logement, prendre les transports, gérer ses médicaments et son budget.
Les difficultés apparaissent généralement d'abord sur l'IADL. Une personne peut obtenir un score ADL parfait tout en ayant besoin d'aide pour ses courses ou la prise de ses médicaments. C'est souvent le premier signal d'une perte d'autonomie, et le moment idéal pour mettre en place une aide à domicile avant que les gestes de base ne soient touchés. Lorsque le score ADL commence à baisser, la question du lieu de vie se pose en revanche de manière plus pressante.
Un score ADL n'impose aucune décision. Il donne une photographie de la situation, qui aide la famille, le médecin traitant et les soignants à choisir l'accompagnement le plus adapté. La première chose à faire est d'en parler avec le médecin ou le soignant qui a réalisé l'évaluation, pour comprendre quelles activités posent problème et si la situation est susceptible de s'améliorer, par exemple après une rééducation.
Lorsque la dépendance reste légère, avec un score proche de 6 sur 6 ou un total bas sur 24, le maintien à domicile reste souvent possible. Les soins infirmiers à domicile sont d'ailleurs remboursés selon un système de forfaits lié à l'échelle de Katz, que nous expliquons dans notre article sur les forfaits A, B et C des soins infirmiers à domicile. Pour une personne encore autonome qui ne souhaite plus vivre seule, une résidence-services peut offrir un cadre plus sécurisant.
Lorsque la dépendance s'accentue, l'entrée en maison de repos, ou en maison de repos et de soins pour les profils les plus lourds, devient souvent la solution la plus sûre. C'est alors la catégorie INAMI, et non le score ADL, qui guidera l'orientation vers le type de lit le plus adapté.
Notez enfin qu'un score ADL ne donne pas droit, à lui seul, à une aide financière. L'allocation pour l'aide aux personnes âgées (APA) repose sur une autre grille, l'échelle de réduction d'autonomie, et tient compte des revenus du ménage.
La personne a besoin d'aide pour deux des six activités de base, le plus souvent la toilette et l'habillage. Il s'agit d'une dépendance modérée, qui reste souvent compatible avec le maintien à domicile si une aide adaptée est mise en place.
Ce total indique une perte d'autonomie réelle, mais il ne suffit pas pour conclure. Il faut savoir quelles activités sont concernées et comment le score a évolué depuis le bilan précédent.
Non. Le score ADL résume l'autonomie en un chiffre, tandis que la catégorie INAMI (O, A, B, C, Cd ou D) classe la personne selon la combinaison des activités pour lesquelles elle est dépendante. Seule la catégorie a des conséquences sur le financement des soins en maison de repos.
Oui, dès que l'état de santé évolue : après une chute, une hospitalisation, une rééducation ou avant une admission en maison de repos. Le score ADL est un outil de suivi autant qu'une évaluation ponctuelle.
Le score ADL de Katz mesure l'autonomie d'une personne âgée dans six gestes essentiels du quotidien. Selon le professionnel qui le réalise, il peut s'exprimer sur 6, où un score élevé signifie une bonne autonomie, ou sur 24, où c'est l'inverse. En maison de repos et pour les soins à domicile remboursés, c'est la catégorie INAMI qui fait foi.
Quelle que soit sa forme, un score ADL ne doit jamais être lu isolément. Ce sont les activités concernées et l'évolution dans le temps qui permettent de comprendre les besoins réels de votre proche. Si son résultat vous inquiète ou si vous vous demandez si le maintien à domicile reste la meilleure option, nos conseillers vous accompagnent gratuitement. Appelez-nous au 02 318 04 78 ou demandez une recherche personnalisée de maison de repos.
Déclaration CNIL n° 141035 | Confidentialité des données | Mentions légales | Préférences de cookies
Trouvez un hébergement adapté pour personne âgée